Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /


Centrale de Cattenom : climat social à la loupe

12 05 10 Le Républicain Lorrain

A la Centrale de Cattenom, la CGT dénonce une logique de rentabilité, source de pression. La direction réfute les accusations. Elle a néanmoins commandé des diagnostics pour évaluer le stress des salariés. Les syndicats comptent beaucoup sur Dominique Minière , ancien directeur de Cattenom nommé à la tête de la Division nucléaire

L es gars sont sous pression, avec ce sentiment de ne plus faire correctement leur travail. Les objectifs sont tels, qu’ils ne peuvent pas y arriver. » Christian Spiess et Roland Fayer, CGT Cattenom, ne mâchent pas leurs mots. « Depuis l’ouverture du capital, en 2003, on est entré dans une logique de rentabilité qui n’a plus rien à voir avec le service public. On sent une dérive. » La sûreté, n’est pas en cause. Les indicateurs ont même progressé l’an dernier. En revanche, 2009 a connu une recrudescence d’accidents de travail avec arrêt. Et 2010 a mal commencé.

Deux types d’accidents complètement différents ont provoqué, la semaine dernière, la tenue d’un CHSCT – Comité d’hygiène, de sécurité et conditions de travail –. Une cage d’ascenseur s’est autorisée une descente à grande vitesse, avec un homme choqué à l’intérieur. Mais surtout, « deux brûlés sur le chantier de nettoyage chimique tenu par les Américains de Westinghouse. On a appris que 48 personnes avaient été incommodées par la fuite. Il n’y a plus de dialogue social ». Parallèlement, les incidents techniques se sont succédé ces dernières semaines : deux arrêts automatiques coup sur coup début avril, une inondation en salle des machines, et, il y a quelques jours, une fuite sur alternateur avec pour conséquence, l’arrêt de la T3. « Il n’y a pas de loi des séries, analyse Stéphane Dupré La Tour, directeur du site Les accidents du travail sont dus au relâchement de certains prestataires. J’ai constaté des comportements d’incivilité. Des boulons devront être resserrés. »

L’analyse syndicale joue les opposés : « Les chantiers doivent toujours aller plus vite. 28 jours pour un arrêt de tranche. Les pièces sont poussées jusqu’à leur limite. Les sites sont placés en concurrence ; tout le monde a l’œil rivé sur le coefficient de disponibilité. » Christian Spiess s’inquiète : « Les méthodologies ne sont plus respectées. Une désorganisation qui montre les dér ives. Et ce sont les plus expérimentés qui font barrage. »

Stéphane Dupré La Tour pare chacune des accusations : « Nous ne poussons pas le matériel, faisons au contraire ce qu’il faut pour qu’il soit plus fiable. Un nouveau service va être mis en place, avec vingt embauches, pour une maintenance préventive et une ingénierie renforcée. »Les économies ? « EDF sait que l’outil industriel doit durer. 400 M€ seront investis sur dix ans par réacteur. C’est l’ouverture de capital qui permet ces moyens supplémentaires » Le stress et la pression ? « J’ai commandé un diagnostic des risques psychosociaux. La CGT vient seulement de s’associer à notre démarche. J’ai aussi demandé un diagnostic socio-syndical. Je ne suis pas devin, j’ai besoin d’un thermomètre. » Laurence SCHMITT.


 

 

Publié le 18/07/2009 04:40 | LaDepeche.fr

Les Verts et EDF-GDF

Vie syndicale et politique

Les Verts Ariège communiquent: Les Verts saluent le combat mené avec succès du 26 mars au 13 mai par les agents EDF-GDF de Midi Pyrénées afin de préserver 500 emplois de proximité dans les secteurs du dépannage et du service en milieu rural.

Les Verts soutiennent un modèle de service public présent partout, et disposant de compétences en interne. En effet le monde rural subit depuis plusieurs années une désertification progressive de l'ensemble des services publics: rappelons de plus que sur le secteur de l'énergie, une externalisation des compétences aurait des conséquences très graves à moyen terme (tempêtes, centrales nucléaires, etc.).

Après 48 jours de grève, la direction d'EDF-GDF est revenue sur ses projets et a accepté de créer 129 postes accompagnés de 66 embauches, dans un retournement de stratégie spectaculaire.

Cependant, la direction d'EDF-GDF semble mal accepter ce résultat qu'elle a elle-même signé, et afin de restaurer son autorité, se prépare à passer à des actions de répression en interne cet été, avec un acharnement tout particulier sur les syndicalistes et délégués syndicaux (conseils de disciplines, rétrogradation et même licenciements) .

Suite à la rencontre qu'ils ont eu avec des représentants CGT-EDF les Verts dénoncent ces attaques et ces pressions, demandent à la direction d'EDF-GDF d'honorer les protocoles d'accord signés et rappellent que le respect des syndicats et du dialogue social est indispensable à toute entreprise.




 EDF, malaise à la CGT

Mediapart - 20 juin 2009 - Martine Orange
 

EDF, malaise à la CGT

 

Syndicat majoritaire chez EDF, la CGT se trouve prise en porte-à-faux face aux derniers mouvements

sociaux. «Nous sommes pris entre Sud et la direction», reconnaît un délégué syndical. Mais les salariés

rendent aussi le syndicat comptable des changements intervenus dans l’entreprise publique au cours des

cinq derniers années, et du malaise qu’ils ressentent face aux évolutions. Des non-dits pèsent car il y a

bien eu un «deal» entre Nicolas Sarkozy et Bernard Thibault au printemps 2004 au moment du

changement de statut. Et le président de la République n’a pas respecté ses engagements. Enquête.

 

Rarement, la CGT a donné le sentiment d’être aussi à mal à l’aise à EDF. Cette entreprise qu’elle connaît par

coeur paraît brusquement lui glisser des mains. Même s’ils forment encore et de loin le syndicat majoritaire, les

responsables CGT d’EDF semblent désarçonnés. Les derniers mouvements sociaux sont parfois partis sans

eux, quelquefois contre eux. Sur les sites, les délégués syndicaux CGT ont rejoint les grévistes, en ignorant les

messages d’apaisement du sommet.

 

Les tentatives pour cadrer le mécontentement n’ont guère été suivies d’effet. Les appels classiques à une

journée d’action comme la CGT en a l’habitude sont très peu suivis : à peine 10% de grévistes, une petite

portion de 20% dans le meilleur des cas. A la place, de nouveaux modes d’actions sont instaurés qui bousculent

totalement les usages. Apparaissent des grèves tournantes, éparpillées, menées parfois par des poignées

d’hommes. Des fonds se sont constitués, alimentés par ceux qui continuent de travailler, pour aider les

grévistes.

 

«Nous sommes coincés entre Sud et la direction»

, reconnaît Patrick Duchet, ingénieur sécurité et secrétaire

CGT du comité d’établissement de la centrale de Penly.

«Les salariés pensent comme Sarkozy qu’une journée

de grève ne se voit pas. Le mot d’ordre de Sud est de reprendre en main l’outil de travail. Mais cela ne fait

pas partie des valeurs de la CGT. Nous avons toujours refusé de toucher à l’outil de travail, pas eux. Les

jeunes sont beaucoup plus radicaux», explique-t-il. Claude Pommery, responsable à la fédération énergie

CGT, reconnaît à mi-mots la rupture. «Les jeunes qui arrivent n’ont pas beaucoup de repères. Il y a

incontestablement une tentation de radicalité. Il faut parvenir à élaborer des repères communs. Nous devons

analyser tout ce qui s’est passé pendant nos journées d’études cet été.»

 

Le refus de la direction d’EDF d’engager des négociations salariales, sa décision de répondre par la manière

forte en sanctionnant les grévistes, les menaçant de licenciement ou de passer devant les tribunaux, a permis de

refaire l’unité. Ensemble, tous les syndicats ont dénoncé les sanctions disciplinaires et la

«criminalisation des

conflits sociaux»

. «Plus de 200 membres de la CGT sont poursuivis», a protesté Marie-Claire Cailletaud,

responsable CGT d’EDF. Une façon de rappeler que la CGT n’a pas déserté le terrain, comme certains l’en

accusent.

 

Car les reproches pleuvent sur la CGT, sur sa gestion passée et présente de l’évolution d’EDF. Sa position de

syndicat majoritaire, d’interlocuteur privilégié de la direction et du gouvernement l’expose à toutes les

critiques. En vrac : d’avoir accompagné sans vraiment résister le changement de statut et le démantèlement

d’EDF ; d’avoir préféré son statut à l’intérêt du groupe ; de ne plus défendre l’avenir. Parce qu’elle a

contribué à faire le groupe depuis soixante ans, qu’elle l’a marqué de son empreinte, chacun la rend comptable

du malaise qu’il ressent face aux changements.

 

En face, la fédération et les responsables CGT du groupe semblent hésiter sur le discours à tenir. Ils entendent

les critiques, ils sont d’accord avec pas mal d’entre elles. Eux aussi déplorent

«ce service public qui

s’effiloche»

chez EDF, la façon dont évolue le groupe. De plus en plus de questions émergent. Se sont-ils

trompés? Faut-il encore défendre une politique d’accompagnement social ?

 

Une si puissante fédération de l’énergie

Bien sûr, ils récusent le terme. Mais, en tablant sur

«un syndicalisme de propositions», Denis Cohen, puissant

patron de la fédération énergie CGT entre 1990 et 2005, n’en est pas très loin à l’époque. Persuadé que le

refus de toute évolution n’aboutirait à rien, il décida de les négocier. Dès l’arrivée de François Roussely à la

présidence d’EDF en 1998, Denis Cohen devient son interlocuteur privilégié, celui dont on doit avoir l’accord

si on veut avancer. D’abord rétif à toute ouverture de capital et au changement de statut, il en négocie peu à

peu les termes, directement avec l’Elysée à partir de 2002.

 

Un accord s’esquisse : d’accord pour la séparation des personnels d’EDF et de GDF, d’accord pour le

changement de statut mais, en contrepartie, les régimes de retraite d’EDF restent inchangés. L’entreprise est

riche, elle a les moyens de payer. Son cas n’est pas comparable à celui de la SNCF. Et le 9 janvier 2004,

lorsqu’un référendum interne est organisé pour savoir si les personnels d’EDF sont favorables ou non au

changement de statut, Denis Cohen appelle à voter oui. Le non l’emportera avec 53% des suffrages. Cet

épisode reste gravé dans le souvenir de nombreux salariés.

 

«C’est à ce moment que j’ai quitté la CGT. C’était trop»

, raconte aujourd’hui Yann Cochin, chercheur à

Clamart devenu un des porte-parole de Sud. Bon nombre de syndiqués feront de même. Tout en restant à la

CGT, d’autres feront connaître leur désaccord avec la ligne défendue par le secrétaire général.

Il n’y a pas que la base à être gênée. A la tête de la confédération, Bernard Thibault et les permanents de la

centrale de Montreuil toussent aussi. D’abord, si EDF obtient un statut dérogatoire pour son régime de

retraite, que va-t-il se passer pour tous les autres régimes spéciaux. Que pourra négocier la confédération ? De

plus, l’émancipation de Denis Cohen commence à gêner beaucoup Bernard Thibault et la confédération.

 

Membre du PC, proche de Robert Hue, celui-ci apparaît de plus en plus comme un rival, pouvant remettre en

cause la ligne d’indépendance de la CGT par rapport au PCF. Denis Cohen apparaît comme un rival d’autant

plus dangereux qu’il est la tête de la fédération la plus riche de la CGT. L’Energie, c’est un peu l’UIMM de la

CGT, grâce à EDF et GDF, qui lui versent statutairement 1% de son chiffre d’affaires réalisé en France pour

financer le CCAS (Caisse centrale d’activités sociales) d’EDF. Comptant 3.900 salariés, ce comité d’entreprise

est une société à part qui gère un budget annuel de près de 400 millions d’euros.

 

La comparaison avec l’UIMM n’est pas fortuite. C’est au moment même où le gouvernement entre dans le vif

du sujet sur le changement de statut d’EDF que sort l’affaire du CCAS. En février 2004, une enquête judiciaire

est ouverte à la suite d’une plainte pour

«abus de confiance, abus de biens sociaux, et soupçons

d’irrégularités»

déposée par quatre salariés de la CCAS, dont l’ancien directeur Jean-Claude Laroche. Ils

soupçonnent le CCAS d’alimenter la CGT et le PC. L’instruction judiciaire n’est pas achevée mais la

fédération de l’énergie se voit brusquement dos au mur. Denis Cohen s’effacera bientôt et sera remplacé par

Frédéric Humbrecht, proche de Bernard Thibault.

 

Quand il arrive au ministère des finances en février 2004, Nicolas Sarkozy ne peut pas ignorer tout ce qui se

passe à la CGT. Jusqu’à présent, c’était l’Elysée qui gérait le dossier du changement de statut d’EDF-GDF. Il

entend désormais se le réapproprier. L’Elysée discutait avec Denis Cohen, lui négociera directement avec

Bernard Thibault. Les deux jouent alors une carte politique pour l’avenir.

 

«To deal or not to deal»

Y a-t-il eu un accord entre les deux hommes ? A de nombreuses reprises, le soupçon d’une négociation secrète

entre Nicolas Sarkozy et Bernard Thibault a pris corps au sein du groupe, comme dans les instances syndicales

et chez les observateurs du monde social. Dans son livre Si on me cherche, publié en septembre 2008, François

Chérèque, secrétaire général de la CFDT, y fait directement allusion. Il évoque notamment une conversation

avec Raymond Soubie, conseiller social de l’Elysée, qui lui aurait ouvertement parlé d’une amnistie judiciaire

pour l’ensemble des syndicats. Réponse de l’intéressé :

«La CFDT n’a pas de financement occulte.»

«Un deal ! Quel deal ? On n’a jamais été capable de m’en donner le contenu», rétorque Bernard Thibault,

lorsqu’il est interrogé par Mediapart quelques semaines après la parution du livre de François Chérèque.

 

«Bien sûr, qu’il a eu un deal»

, soutient aujourd’hui un responsable d’EDF. Un haut cadre de GDF se souvient

d’une conversation avec Raymond Soubie, à l’époque président d’Altedia, cabinet de conseil en relations

sociales travaillant pour GDF.

«Alors que nous commentions le changement de statut d’EDF et de

GDF,Raymond Soubie nous dit :

«Je n’y suis pour rien.» C’est Sarkozy et Thibault qui ont négocié en tête à

tête. Vous savez comment est Nicolas Sarkozy. Il fait tout tout seul au téléphone.»

 

Selon le responsable d’EDF, l’accord négocié au printemps 2004 entre les deux hommes était large. Il en

décrit en résumé la substance. La CGT ne s’opposerait pas au changement de statut d’EDF et de GDF. En

contrepartie, Nicolas Sarkozy prenait l’engagement que les deux entreprises resteraient détenues

majoritairement par l’Etat. Le statut serait maintenu.Les régimes de retraite évolueraient dans le cadre général

des régimes spéciaux, mais les prestations et les droits seraient conservés. Le nucléaire serait relancé et il ne

serait développé en France que par EDF. François Roussely serait reconduit à la présidence du groupe. Quant

au CCAS, l’affaire serait enterrée, et EDF aiderait la CGT à remettre de l’ordre dans le comité d’entreprise.

Le syndicat ayant entendu les reproches des salariés, l’accusant d’avoir privilégié ses intérêts au détriment de

ceux des agents de l’entreprise.A la suite de ces témoignages, nous avons interrogé Bernard Thibault pour savoir s’il confirmait ou infirmait

ces propos et le contenu de l’accord secret avec Nicolas Sarkozy. Il n’a pas donné suite à nos questions.

 

Une parole non tenue

Qu’est-il advenu de cet accord ? Malgré le soutien affiché de Nicolas Sarkozy, François Roussely n’a pas été

reconduit à la présidence d’EDF. Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre, mettant sa démission dans la

balance pour obtenir son renvoi. Ne pouvant nommer Francis Mer, il choisit, faute de mieux, Pierre

Gadonneix, dont le nom lui avait été soufflé par Anne Meaux, qui tient un cabinet de communication, mais

aussi, semble-t-il, par Suez qui s’impatientait des manoeuvres dilatoires du président de GDF pour éviter la

fusion, déjà discutée dès cette époque-là.

 

En 2006, lorsque la question de la privatisation de GDF et de sa fusion avec Suez fut lancée par Dominique de

Villepin, Nicolas Sarkozy, alors président de l’UMP, oeuvra dans les coulisses parlementaires pour faire

capoter le projet. Cela faillit marcher en juin 2006. Thierry Breton, alors ministre des finances, passa tout l’été

pour rattraper l’échec et faire finalement passé sa loi de privatisation à l’automne 2006. Mais le projet n’était

pas bouclé pour autant.

 

Au début de sa présidence, Nicolas Sarkozy sembla hésiter sur la conduite à tenir à l’égard de GDF. Une

conservation de vingt minutes en tête à tête début septembre 2007 avec Albert Frère, principal actionnaire de

Suez, suffit à emporter sa décision. GDF serait privatisé et fusionnerait avec Suez. Lui avait-on rappelé lors de

ce bref échange certains engagements ?

 

Depuis, le président de la République semble avoir retrouvé toute liberté par rapport aux accords passés. Les

régimes spéciaux de retraite ont quasiment été alignés sur le régime général. Et lorsqu’il annonça fin janvier

2009 le lancement du deuxième EPR à Penly, l’Elysée précisa dans son communiqué que

«dans la perspective

du développement ultérieur de la filière, l’Etat reconnaît la volonté de GDF Suez d’assumer la maîtrise

d’ouvrage et l’exploitation de l’EPR suivant»

. Le dernier pan est tombé. EDF continue pour sa part à assumer

ses engagements et aide la CGT à remettre de l’ordre dans le CCAS : 650 salariés du comité d’entreprise ont

déjà été reclassés au sein du groupe.

 

Que faire maintenant ?

«Le dialogue social a terriblement changé dans l’entreprise. Tout est beaucoup plus

dur. Tous les outils de promotion qui existaient auparavant ont disparu»

, note un cadre d’EDF. En dix ans,

10.000 emplois ont disparu en France

«On demande à tous d’en faire plus. Mais il n’y a aucune

reconnaissance, aucune récompense. Les conditions de travail se sont dégradées et les salaires stagnent»

, dit

Marie-Hélène Gourdin, secrétaire fédérale CFDT de l’énergie.

 

Une césure profonde s’est instaurée entre les salariés d’avant et ceux qui entrent. Les jeunes embauchés

gagnent à peine 1.200 euros par mois. Ils connaissent des situations difficiles. Ce sont eux qui sont en pointe

dans les mouvements de protestation.

«Dans les grandes villes et notamment à Paris, il est vrai qu’ils ont du

mal à se loger»

, constate Bertrand Caron, responsable des relations humaines. Le problème devient si aigu

qu’EDF étudie une aide au logement pour les épauler.

 

Les perspectives de progression sont rares. L’école des métiers, qui constituait une vraie école de la deuxième

chance pour les salariés de l’entreprise et leur permettait d’envisager un avenir professionnel, a été supprimée.

La formation est désormais assurée par les centres dépendant du Medef. Mais ces formations n’assurent pas

grand-chose au bout.

«On rentre à un niveau et on n’en bouge pas», dit Patrick Duchet.

 

C’est à tous ces changements que la CGT doit répondre. Veut-elle continuer à assumer son rôle de cogestionnaire

de fait d’EDF ou retrouver un syndicalisme plus militant ? La question qui dépasse de loin la

seule entreprise publique semble se poser avec de plus en plus d’acuité. Et plus les délégués sont proches du

terrain, plus ils militent pour des prises de position plus fortes, plus audibles sur l’évolution de la maison, sa

stratégie. De son côté, la fédération énergie n’a plus grand-chose à négocier. Tout le monde pressent qu’une

page sociale est en train de se tourner. Mais personne ne sait de quelle façon la suite s’écrira.

Partager cette page

Repost 0
Published by