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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 16:20

http://www.centpapiers.com/morts-pour-areva/56012

 

photo_1285250109912-1-0.jpg

 

Deux otages français viennent de trouver la mort à la frontière du Mali.

Les médias, quasi d’une seule voix, incriminent des brigands ou des terroristes qui seraient seulement intéressés par transformer leurs otages en monnaie sonnante et trébuchante.

Pourtant AREVA et son nucléaire ne sont pas si loin que çà, mais pas grand monde ne l’évoque.

Depuis la prise d’otage, l’information a évolué au fil des jours.

Au départ, seule l’armée nigérienne avait décidé de prendre en chasse les kidnappeurs.

Au fil des communiqués, on voyait pointer le bout du nez de l’armée française, pour enfin apprendre que c’était elle, qui grâce à son aviation, avait repéré les fuyards.

Le 8 janvier, Sarkozy saluait « l’engagement des forces nigériennes pour tenter de libérer nos deux compatriotes ».  lien

Un premier accrochage a eu lieu, provoquant la mort de deux gendarmes nigériens. lien

Au fil des heures, il était brusquement question «d’opération engagée coordonnée avec des éléments français présents dans la région » dixit Alain Juppé.

En effet, on apprenait le 9 janvier que d’une part les forces nigériennes poursuivaient les fuyards, et que d’autre part, les militaires français mettaient en place un « dispositif de surveillance et d’interception ». lien

Un avion de surveillance français atlantique 2 permettait de localiser le détachement des fuyards, en le suivant jusqu’au lieu d’interception.

Le colonel Burkhard l’a confirmé, ajoutant :

« La situation allait devenir extrêmement délicate pour les otages, et l’opportunité de les libérer à été saisie ».

Puis on apprend enfin, le 11 janvier 2011, grâce à Médiapart,  qu’au moment de l’affrontement, en territoire malien, aucun militaire nigérien n’était présent, et que seuls des commandos français avaient mené l’attaque. lien

Donc au bout du compte, c’est bien l’armée française qui a tiré sur les ravisseurs. lien

On ne peut que s’étonner de la transformation de la vérité au fil des heures et des jours, et de la complicité hasardeuse, et peut être involontaire, de la part de journalistes qui se sont prêtés sans hésiter au petit jeu «de l’information fiction ».

Quant à l’origine de la mort des deux otages, selon l’état major de l’armée française « tout laisse à penser qu’ils ont été exécutés par les terroristes ». Ce qui signifie qu’on n’en sait rien.

En effet, comment pouvoir affirmer qu’ils ont été exécutés, alors que des balles françaises peuvent tout aussi bien être à l’origine de la mort des otages.

Malgré tout, un spécialiste défense, cité par l’AFP affirme : « on est surs que les otages n’ont pas été tués par un tir fratricide ». lien

Comment peut-on être autant affirmatif tant que l’autopsie n’a pas été effectuée ?

Si l’on en croit François Loncle député PS, elle sera réalisée sur les corps des 2 otages. lien

Elle devrait permettre de dire sans le moindre doute d’où venaient les balles qui ont tué les otages.

A moins que le résultat de l’autopsie ne soit pas communiqué, ce qui permettrait une autre déduction.

Mais au delà de cette péripétie tragique, on peut être surpris de ne jamais entendre parler à aucun moment de l’implication française de la France au Niger, par AREVA interposée.

On sait que la France, qui prône le nucléaire, grâce à l’indépendance qu’il devait pouvoir lui procurer, n’a pas les moyens de cette indépendance, puisque 100% de notre approvisionnement dépend des mines d’uranium étrangères. lien (page 36)

Pour cette raison, elle s’est investie au Niger, très riche en uranium, d’autant qu’elle ne peut plus compter sur le gisement gabonais déjà épuisé.

Le gisement nigérien d’Imouraren en a produit 1781 tonnes en 2005, et s’est agrandi pour atteindre bientôt les 6000 tonnes. lien

L’uranium nigérien représente 20% de notre consommation nationale (lien) et en 2012 la moitié de l’uranium consommé par les centrales nucléaires françaises viendra du Niger. lien

On peut voir un documentaire sur l’exploitation de ces mines d’uranium sur ce lien.

Ce que l’on sait moins, c’est que les Touaregs qui vivent sur le territoire où se trouvent les mines d’uranium ont été en rupture avec le gouvernement nigérien qu’ils accusaient de détournement de richesse.

L’un d’entre eux, Al Moustapha Alhlacen a déclaré : « le nucléaire n’est pas une énergie propre, nous voulons informer le monde, évoquer les problèmes de radioactivité qui provoquent des morts, des maladies, des fausses couches. Il n’y a plus de faune, plus de flore, autruches et gazelles ont disparu ». lien

Il a ajouté : « Areva est un état dans l’état, dirigé par une bande de criminels, de pilleurs et de voleurs ». lien

Récemment, la société Somair, du groupe AREVA, a répandu accidentellement 200 000 litres de déchets extrêmement radioactifs dans l’environnement, suite à la rupture d’une digue le 11 décembre 2010, (photo aérienne) à seulement 3,5 km de la ville d’Arlit. lien

Au début des années 90, sous le nom de MNJ (mouvement des nigériens pour la justice) les Touaregs ont donc décidé de se mobiliser et ont levé une véritable armée de 4000 hommes, sous les ordres d’Aghali Alambo.

L’argent de Kadhafi a beaucoup aidé cette rébellion armée. lien

Ils ont décidé d’attaquer les mines d’uranium, d’en arrêter le fonctionnement, et de s’occuper des cargaisons qui prennent la route pour aller jusqu’à la mer.

Rhissa Ag Boula, chef historique de la rébellion Touareg au Niger avait déclaré à l’occasion :

«Nous n’avons pas le choix, car le régime de Niamey ne respecte pas les accords de paix de 1995 et se livre à une terrible répression contre les civils ».

Officiellement les pouvoirs nigériens et français déclarent que ces Touaregs ne sont qu’un groupe de bandits armés, de trafiquants, et que les prises d’otages ne sont que l’occasion pour eux de s’enrichir.

Ce qui fait rétorquer Rhissa Ag Boula : «je ne connais pas de bandits armés qui attaquent avec succès des bases militaires entières ».

Les Touaregs voulaient au moins avoir une part du gâteau liée à l’exploitation de cet uranium, ce que manifestement le pouvoir nigérien lui avait refusé jusque là.

L’enjeu est de taille : le prix de l’uranium est passé de 23 000 fr Cfa, à plus du triple et il est revendu 130 000 fr Cfa.

Un documentaire à été réalisé sur le sujet (la Bataille de l’uranium, réalisé par Nahan Siby, Frederique Denis, Stephane Manier- galaxie presse-2008- France 5). lien

On a déjà oublié les deux journalistes d’Arte, Thomas Dandois et Pierre Creisson, emprisonnés au Niger en 2007 pour avoir voulu enquêter comme par hasard sur la rébellion Touareg. Il y a donc manifestement des vérités qui dérangent. lien

En 2007, Mamadou Tandja, quelques jours avant de signer l’accord avec AREVA pour l’exploitation du gisement d’Imouraren à rencontré à Agadez des délégués de la rébellion Touareg, qu’il qualifiait auparavant « de vulgaires bandits armés » en leur proposant l’amnistie. (Et on le suppose, des retombées financières de l’exploitation). lien

Faut-il y voir un lien avec le limogeage en septembre 2009 du chef Touareg, Aghali Alambo, et la tentative de médiation menée par Kadhafi entre Tandja et la rébellion Touareg ? lien.

Début janvier 2009, Rhissa Ag Boula avait rejoint Alambo pour continuer la guérilla du coté d’Agadez, à la tête d’une vingtaine de 4×4, bondés d’hommes armés. lien

Dans le courant 2009, la rébellion Touareg a cessé le combat, démobilisant prés de 4000 combattants, et en septembre 2010, ils ont déclaré que « la recrudescence de l’insécurité dans le nord Niger, abritant les mines d’uranium, est la conséquence de cette indifférence vis-à-vis de leurs éléments après leur désarmement » lien

Si on lit entre les lignes, ne sont-ils pas en train de dire que les enlèvements qui se suivent seraient facilités par les ex-rebelles Touaregs lesquels affirment que le gouvernement nigérien n’a jamais tenu les promesses qui devaient les associer à la construction de la paix?

Ce qui expliquerait la réticence du Mali à combattre l’Aqmi, de crainte de voir resurgir la rébellion touareg. lien

Le Niger, on le sait, était aux mains de Mamadou Tandja, un despote de plus, soutenu par la France. lien

En mai 2009, il a dissou le parlement afin de pouvoir briguer un nouveau mandat (lien) avant d’être renversé par un coup d’état le 18 février 2010, à la suite duquel c’est un nouveau militaire, Salou Djibo, qui prend le pouvoir. lien

On sait de lui qu’il s’est illustré dans le combat contre les rebelles Touaregs.

Alors aujourd’hui, qui peut encore croire que les kidnappings qui se multiplient au Niger sont seulement le fait de voyous, juste intéressés par récolter un peu d’argent d’une rançon, et que le nucléaire d’AREVA n’y est pour rien?

Peut être que l’avenir nous en apprendra plus, car comme dit souvent mon vieil ami africain :

« Celui qui confond la chaleur d’un foyer avec les flammes de l’enfer risque de se bruler ».

L’image illustrant l’article provient de « la-kabylie.com »

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 08:40
Didier Lenoir, vice-président du Comité de liaison énergies renouvelables (CLER), a fait parvenir une tribune libre à energie2007.fr, consacrée à la cession par EDF de sa participation dans EnBW au Land du Bade-Wurtemberg (cf. actu du 6 décembre dernier).
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"Énergie et Démocratie

Une nouvelle surprenante, tombée le 7 décembre, n’a suscité que peu de commentaires : à la demande du land du Bade-Wurtemberg, EDF lui cède sa participation de 45% dans l’entreprise EnBW, troisième électricien allemand. Il s’agissait pourtant d’un investissement stratégique majeur dans la recherche d’une position dominante en Europe.

Il importe que les Français comprennent les aspects politiques d’une telle opération.

Cette acquisition effectuée en 2000 semblait très prometteuse. Le Bade-Wurtemberg, limitrophe de la France et favorable au nucléaire, offrait une intéressante tête de pont, politiquement proche et peu sensible à l’influence des Verts. Les contacts avec la Bavière voisine ont également laissé croire longtemps à une expansion possible du nucléaire dans ce secteur.

Aujourd’hui, le Bade-Wurtemberg revient sur sa politique libérale antérieure et souhaite contrôler de nouveau le puissant outil de développement que constitue EnBw. Ce revirement n’est pas sans arrières pensées car les Chrétiens-Démocrates au pouvoir dans le land pourraient perdre la majorité au parlement en mars 2011. Dans ces conditions, ils considèrent EnBw comme un atout important dans la phase de transition vers le tout renouvelable cher aux Verts. Comme l’estime Claudia Kempert, experte en énergies de l’institut DIW à Berlin, citée par Les Echos du 7 décembre 2010, « il sera plus facile pour le Bade-Wurtemberg de tourner le dos au nucléaire sans avoir au capital d’EnBw un groupe comme EDF qui mise beaucoup sur l’atome ».

Cet épisode met en évidence plusieurs questions importantes pour notre avenir.

A l’ère de la mondialisation triomphante, voici un land de 36.000 km2 qui tient tête au premier électricien mondial et l’écarte afin d’avoir les mains libres pour le développement durable de son territoire. 

Serait-il possible qu’une région française fasse preuve d’une telle détermination ? Aurait-elle les moyens d’imposer sa propre politique contre les intérêts d’une multinationale de l’énergie ? A l’évidence, la réponse est non ! N’est-ce pas l’une des faiblesses structurelles de notre pays ?

Au moment où se développe une campagne diffuse visant à mettre en doute les perspectives ouvertes par le Grenelle de l’environnement, considérées comme irréalistes et ses orientations jugées ruineuses, l’un des Länder les plus riches d’Allemagne fait des choix encore plus radicaux en faveur des énergies locales, gages de développement de son territoire. Qui pourrait croire qu’il s’agirait d’une stratégie suicidaire?

Pendant ce temps, la ponction financière du groupe EDF sur les réseaux de distribution d’électricité se poursuit avec toutes ses conséquences locales (baisse de qualité du courant, coupures dues aux évènements climatiques,…), résultats d’investissements insuffisants depuis des décennies, chiffrés à plus de 10 milliards d’euros par la Fédération nationale des collectivités concédantes et des régies. Il est probable qu’une large partie des capitaux investis par EDF dans EnBW ait fait défaut aux réseaux locaux.
Aucune collectivité française n’a le pouvoir décider que les 4,7 milliards d’euros que va recevoir EDF pour ses parts d’EnBW doivent être investis pour rattraper le retard des réseaux locaux. Est-ce un gage de développement durable que d’être à la merci d’un système de décision centralisé, opaque et hostile à toute justification de ses choix locaux (plusieurs syndicats de communes refusent depuis des années d’approuver les comptes de leurs réseaux présentés par leur concessionnaire obligatoire, EDF-ERDF) ?

Parallèlement, la France fait pression à Bruxelles pour capter 90% du budget de la recherche sur l'énergie au profit du programme ITER sur la fusion nucléaire - dont on sait qu’il n’aura pas produit un seul kWh d’ici 2100 alors que l’urgence énergétique et climatique porte sur les prochaines années-, au détriment des projets territoriaux de lutte immédiate contre le changement climatique de type "Smart Cities".

On voit bien le contraste saisissant entre le pragmatisme allemand et l’entêtement français. Le déficit de la France ne serait-il pas avant tout un déficit de démocratie ?

Didier Lenoir, Vice-Président du CLER"

La tribune au format PDF.


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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 22:31

PROCES DU GANVA LE 8 DECEMBRE

 

Organisation du transport au depart de l'est  pour la mobilisation de soutien aux membre du GANVA : contacter Alain

Dumont  par mail :  alain.dumont48@orange.fr

 

Comuniqué du GANVA : http://ganva.blogspot.com/2010/11/paiement-de-la-rancon-ils-veulent-des.html

mardi 16 novembre 2010

Paiement de la rançon : ils veulent des petites coupures données la nuit sur un parking de supermarché !

Ce lundi 15 novembre des membres du GANVA ainsi que leur avocat Me Lehoux se sont présentés à la régie du Tribunal de Caen pour s’acquitter de la caution qu’il leur était demandée, suite au blocage du train de déchets nucléaires allemands.

Nous avions pu réunir la somme de 16500 euros qui était demandée, au titre d’un contrôle judiciaire, pour garantir la présence des 7 militants à leur procès. Rappelons que, contrairement à la police, les membres du Ganva n’ont jamais essayé de se soustraire à leur responsabilité, agissaient à visage découvert, et ne se sont jamais cachés derrière des bâches pour blesser des gens ! Les militants du Ganva iront sans problème à leur procès. La salle du tribunal sera même probablement trop petite pour accueillir les nombreuses personnes qui nous témoignent leur soutien, leur sympathie et leur solidarité.

Le rebondissement du jour a été le refus des chèques émis par les militants poursuivis sous prétexte qu’il fallait des chèques de banques ou du liquide ! Il nous a aussi été refusé un papier attestant de notre venue et de la non-réception des chèques.

Ne souhaitant pas envenimer la situation (vaut mieux en rire qu'en pleurer !) les membres du Ganva vont tenter de régler cette affaire pour enfin se concentrer sur leur défense et sur la mobilisation que nous voulons, avec vous, exceptionnelle lors de ce procès le 8 décembre au TGI de Caen, place Fontette, dès 12h.

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 15:32

Fichier-PDF-Une-Epinal-du-06-11-2010.gif

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 07:49

APPEL : mobilisons-nous contre le nucléaire et ses déchets dangereux

Appel commun du Réseau "Sortir du nucléaire" et de Greenpeace.

Train d’enfer : transport radioactif record les 5 et 6 novembre 2010. Mobilisons-nous contre le nucléaire et ses déchets dangereux !

=> Lien vers le formulaire pour inscrire une action

Les 5 et 6 novembre 2010, onze conteneurs de déchets très hautement radioactifs, issus du retraitement par Areva des combustibles usés allemands, vont quitter La Hague (Manche) pour retourner en Allemagne. Ils seront stockés temporairement dans un hangar sur le site de Gorleben en Basse-Saxe, en attente d’une « solution ».

Ni à la Hague ni à Gorleben : aucune solution satisfaisante n’existe aujourd’hui pour la gestion des déchets radioactifs

Si la Hague n’est pas un lieu de stockage satisfaisant, Gorleben ne l’est pas plus. Ces déchets doivent retourner sur leur lieu de production, car le nucléaire est un choix dont chacun doit assumer les conséquences morales, politiques, financières et environnementales.

Ces déchets doivent donc logiquement retourner à l’envoyeur. En l’occurrence, les centrales nucléaires appartenant aux quatre grands producteurs d’électricité allemands.

Le transport le plus radioactif du monde : aucun transport cumulant en une seule fois autant de radioactivité n’aura jamais été réalisé.

Les rayonnements radioactifs émis par les onze conteneurs « CASTOR » entraînent un risque d’irradiation des cheminots et des populations riveraines des voies où le convoi passera. Le retraitement des déchets nucléaires est directement responsable de la concentration phénoménale de radioactivité de ce convoi.

En France, en Allemagne et ailleurs, le nucléaire est une impasse !

Ce transport-record est l’occasion de rappeler quelques vérités sur les milliers de transports nucléaires qui circulent chaque année dans l’Hexagone, et sur la réalité du retraitement des déchets nucléaires.

Tout transport de matières hautement radioactives comporte des risques réels. Pourtant les populations locales ne sont pas informées du passage des convois, pas plus que des risques associés.

Sous couvert de « tri sélectif » et « recyclage », Areva, dans son usine de la Hague, fait augmenter le volume de déchets radioactifs produits (pour une tonne retraitée, environ 65 m3 de déchets sont produits), la contamination environnementale (rejets gazeux et liquides) mais aussi les risques de prolifération (extraction du plutonium).

Mobilisons nous contre les fausses solutions de l’industrie nucléaire

Les associations environnementales – dont Greenpeace et le Réseau « Sortir du nucléaire » – ont obtenu l’arrêt du retraitement des déchets allemands. Ainsi, si l’Allemagne n’envoie plus ses combustibles usés en France, il reste encore des centaines de tonnes de déchets allemands entreposés dans l’attente d’une solution à la Hague, ou encore dans les centres de stockage de la Manche ou de l’Aube. Le stockage de déchets nucléaires, présenté comme sûr il y a 40 ans, tourne au désastre dans l’ancienne mine d’Asse II en Allemagne. Chaque jour, depuis des années, plus de 12 m3 d’eau entrent dans la mine.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » et Greenpeace appellent à une mobilisation la plus large possible les vendredi 5 et samedi 6 novembre sur le trajet du transport (Manche, Calvados, Eure, Seine Maritime, Somme, Pas de Calais, Nord, Aisne , Ardennes, Meuse, Moselle, Meurthe et Moselle, Bas Rhin) et tout particulièrement dans les villes de Caen, Rouen, Amiens, Arras, Nancy, Strasbourg).

Notre objectif n’est pas d’interférer avec ce convoi mais de faire toute la lumière sur les fausses solutions de l’industrie nucléaire pour gérer ces déchets, que ce soit à Gorleben, à la Hague (Manche) ou encore à Bure (Meuse).

Pour agir près de chez vous, nous mettons du matériel à votre disposition (banderole, affiche, tract, tee-shirts…).

=> Lien vers le formulaire pour inscrire une action

Les déchets nucléaires resteront radioactifs pendant des dizaines de milliers d’années. Arrêtons d’en produire et sortons du nucléaire !

Signataires : Réseau "Sortir du nucléaire", Greenpeace

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 22:25

Communiqué de presse du 7 octobre 2010

L'énergie nucléaire enterrée par ses déchets !


Henri Proglio, PDG d'EDF SA, a visité le 30 septembre 2010 le site pressenti pour l'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse). À cette occasion, il s'est inquiété du coût de ce projet, qui a plus que doublé en 8 ans. Estimé initialement à 15 milliards d'euros par l'Andra en 2002, il pourrait revenir finalement à 35 milliards d'euros.

Une facture exorbitante

Les associations du Réseau "Sortir du nucléaire" dénoncent depuis de nombreuses années l'impossible gestion des déchets radioactifs, véritable "talon d'Achille" du nucléaire. Cette question est enfin abordée sous l'angle économique. Alors que la France, partout dans le monde, fait la promotion d'une énergie nucléaire officiellement "propre et bon marché", la réalité pourrait bien démentir ce discours.

L'enfouissement des déchets les plus dangereux (type HMAVL*) à 500 mètres de profondeur coûterait 35 milliards d'euros à lui tout seul.

Mais il faudra y ajouter :

- le coût de l'enfouissement des déchets type FAVL, à 200 mètres de profondeur (projet en attente) **

- le coût des déchets à vie courte (types TFA et FAVC), actuellement répartis sur trois sites : Morvillers, Soulaines Dhuys et La Hague.

- le coût sanitaire des rejets permanents de radioactivité par l'industrie nucléaire

- le coût du futur démantèlement des installations nucléaires (centrales, centres de recherche, etc.)

- le coût des activités connexes telles les transports de matières radioactives

Une quarantaine d'années de production nucléaire génère des problèmes pour des centaines de milliers d'années, et des surcoûts délirants dès aujourd'hui.
Pour le réseau "Sortir du nucléaire", la filière électro-nucléaire est dans l'impasse : il faut en sortir au plus vite !

L'enfouissement social

Par ailleurs, des divergences se font jour entre l'Andra, agence publique chargée de l'enfouissement des déchets, et EDF SA (qui produit les déchets et paie leur enfouissement à hauteur de 80 %). Ce conflit ne masque-t-il pas l'impuissance technologique et le manque de certitude sur le sort de ces déchets ?

EDF SA raisonne avant tout en termes économiques et voudrait reprendre la main sur le projet de Bure. L'Andra met en avant une pseudo "sûreté" : les surcoûts seraient en partie liés au principe de "réversibilité", censé permettre de récupérer les déchets enfouis.

François-Michel Gonnot, président du conseil d'administration de l'Andra, a déclaré à l'AFP : « on ne pourra pas donner le sentiment de chercher des économies à tout prix. La sûreté conditionne l'acceptabilité de la population. (...) Il n'y aura pas de solution à la gestion des déchets s'il n'y a pas d'acceptation des populations ».

La "réversibilité" impacte peut-être financièrement la phase de construction/remplissage du site. Mais cela ne veut en aucun cas dire que l'on pourra récupérer les colis de déchets au-delà de la phase d'exploitation du site (100 ans environ). Il s'agit d'un leurre social, censé aplanir les doutes d'une société toute entière, et rendre l'enfouissement socialement acceptable, alors que c'est bien un stockage définitif qui est projeté.

Aujourd'hui des milliers de tonnes de déchets radioactifs sont déjà en attente, et le Réseau "Sortir du nucléaire" demande :

- l'arrêt de la production nucléaire dans les meilleurs délais, et un débat national sur les choix énergétiques

- une évaluation juste, complète et précise de la facture de gestion des déchets nucléaires, et de son impact sur le coût de l'électricité produite par la filière nucléaire

- l'arrêt de tout projet d'enfouissement


Contact presse : Corinne François 06 86 74 85 11

Davantage d'informations sur les déchets nucléaires :
http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/dechets-nucleaires-le-casse-tete.html

_____________________________________

* L'enfouissement définitif est la voie retenue pour les déchets HMAVL (Haute et Moyenne Activité à Vie Longue), contre l'avis de nombreuses associations

** Les recherches de sites d'enfouissement des Déchets Faiblement radioactifs à Vie Longue ont dû cesser en 2008 sous la pression citoyenne

 

 -- Ligne presse permanente : 06 40 28 32 12 Réseau "Sortir du nucléaire" Fédération de 876 associations agréée pour la protection de l'environnement http://www.sortirdunucleaire.org/ 
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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 22:35

FSL 88: du 15 au 17 octobre 2010 : Salle des Fêtes de DARNIEULLES


Un autre monde est possible: Construisons-le ensemble. Du RéVES à la Réalité

 

Au programme: 


CONFERENCE

FILM PROJECTION DEBAT

ATELIERS DISCUSSIONS

EXPOSITIONS

STANDS ASSOCIATIFS

DÉFILÉ DE MODE BIOFRIPES


affiche, programme et tract à telecharger sur : http://www.reves-vosges.org/?p=295

 

Objectifs de ce FSL:

 

-Faire une photographie de ce qui se fait dans les Vosges par le monde associatif engagé dans des propositions alternatives au système économique actuel.

 

-Mettre en lumière ce qui se fait (pas uniquement dans les Vosges), échanger, confronter ses expériences Vosgiennes.

-Se rencontrer.

 

Nous sommes tous concernés par les crises économiques et financières, le chômage, les dégradations de l’environnement, la santé, etc… qui nous touchent directement ou indirectement.
Comment localement pouvons nous améliorer la situation?
Ensemble, cherchons des solutions concrètes.
Des ateliers tables-rondes seront proposés : associations locales (environnementales, de solidarité, de consommateurs…), syndicats, collectifs … sont invités à exposer et présenter leurs activités.

Restauration bio et et buvette sur sur place, pour nous contacter et pour réserver vos repas merci de nous appeler au 06 77 03 96 33

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 17:45

Samedi 18 Septembre

 

 

Grand rassemblement antinucléaire européen

et pour dire STOP à la centrale de CATTENOM

 

 à Perl, sur le pont de Schengen,

aux 3 frontières : France – Luxembourg -Allemagne

 

Une autre politique énergétique est possible : sobriété énergétique, énergies renouvelables, sortie du nucléaire

Nous voulons un futur énergétique durable pour nous et pour les générations futures


Au programme : rassemblement, musique, animations et lâcher de ballons vers 19 h.

Merci de venir vêtus de jaune et/ou de gilets de sécurité

Depuis quelques mois, à la centrale de Cattenom (Moselle), les incidents inquiétants s'accumulent : déformation des barres de contrôle (symptôme d'une usure prématurée), inondation d'une partie de la salle des machines, travailleur contaminé, fuite d'hydrogène (symptôme d'une surchauffe du réacteur)... Les raisons probables de cette série noire ? La course à la production et à la rentabilité. La presse locale se fait volontiers le relai des nouveaux objectifs que se fixe la centrale... tout en gardant le silence sur les incidents, dont nous n'avons connaissance que grâce à nos voisins allemands et luxembourgeois.

De l'autre côté de la frontière, on s'impatiente de plus en plus. La fin de vie des réacteurs allemands est retardée par le gouvernement allemand, et il faut en plus subir la menace de centrales françaises de plus en plus dangereuses. C'est pourquoi Allemands, Luxembourgeois et Français se réuniront le 18 septembre prochain à la frontière pour demander la fermeture de la centrale et la sortie définitive du nucléaire.

Rendez-vous à partir de 15 heure, sur le pont de Schengen à Perl (Allemagne). Au programme : prises de paroles françaises, allemandes et luxembourgeoises, musique, démonstrations d'énergies renouvelables, pour finir par un lâcher de ballons symbolisant la pollution radioactive et un grand die-in vers 19 h.

Site de la manifestation (en cours de traduction) : www.stop-cattenom.org

 

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 23:57

Message de Wladimir Tchertkoff

 

Chères Amies, chers Amis,

Beaucoup d’entre vous me connaissent depuis l’époque où je vous informais sur l’emprisonnement du Professeur Youri Bandajevsky, que nous avons soutenu politiquement et moralement dans ses pires moments de résistance ; d’autres m’ont connu grâce à nos rencontres et discussions aux conférences sur le crime et les mensonges officiels de la catastrophe de Tchernobyl témoignés par les films réalisés pour la TV suisse ; d’autres encore parce que participants à l’action des « vigies d’Hippocrate » que nous menons à Genève pour dénoncer l’abandon des enfants contaminés de Tchernobyl par l’OMS ; d’autres enfin par des échanges d’informations sur Web.

L’association 1901 « Enfants de Tchernobyl Bélarus » (ETB) a été constituée en 2001 avec Vassili Nesterenko, Solange et Michel Fernex, pour soutenir le travail de radioprotection des enfants par l’Institut BELRAD que le Professeur Vassili Nesterenko a créé en 1991. L’Institut a perdu tous ses financeurs européens au cours des ans. Aujourd’hui notre association constitue le socle du financement de BELRAD. C’est le résultat de vingt ans de sape du lobby nucléaire et de l’inertie des gouvernements qu’il désinforme dans le seul but de protéger l’industrie atomique civile et militaire. BELRAD fournit quotidiennement la preuve de ce négationnisme, en mesurant le taux toujours élevé de radioactivité incorporé chez les enfants dans les zones contaminées et en faisant baisser ce taux par l’absorption de cures de pectine

Belrad a bientôt 20 d'ans d'expérience, des centaines de milliers de mesures, des protocoles éprouvés. C'est un cas unique ; il n'y a pas d'équivalent ailleurs. Belrad est une réalité, avec un background scientifique et technique solide. Il risque de disparaître.

Je vous écris aujourd’hui pour vous demander de serrer les rangs en adhérant et en faisant adhérer massivement à ETB vos amis, connaissances, réseaux militants, associations. Car la fondation France Libertés de Danielle Mitterrand, qui nous soutenait, nous a quittés l’année dernière depuis que le gouvernement français lui a coupé les vivres,. Nous sommes restés seuls et nous ne suffisons que pour un peu plus de la moitié de ce qui est nécessaire pour que BELRAD puisse continuer son travail de vérité et de radioprotection. Notre nombre actuel de donateurs est insuffisant. Seules quelques associations fidèles de France, de Belgique, d’Allemagne, d’Autriche, d’Irlande, d’Espagne et une du Japon soutiennent encore sporadiquement les projets avec de pauvres moyens (au total 15´900 € cette année). Les salaires, que BELRAD peut payer à la trentaine de collaborateurs, dont la majorité sont des spécialistes de haut niveau, sont parmi les plus bas de Minsk. En quatre ans plus de dix collaborateurs ont dû quitter l’Institut.. D’un mois sur l’autre, BELRAD risque la fermeture. Au moment où j’écris ces lignes nous avons 2000 € en caisse. L’argent arrive, il en faut 16´000 chaque mois.

La situation est telle que nous croyons vraiment qu’en septembre BELRAD risque de ne pas pouvoir payer son personnel.

C’est un passage transitoire qu’il faut consolider absolument. Car en novembre dernier j’ai rencontré une grande fondation Italienne d’accueil d’enfants qui avec le temps pourra devenir l’autre pilier solide. Avec notre association il sauvera et consolidera cet unique institut indépendant qui révèle la contamination radioactive réelle de chaque enfant et le protège. Mais cela prendra un certain temps. Ce serait absurde si les Italiens arrivent trop tard. Nous échouerons peut-être, mais que ce ne soit pas parce que nous n’avons pas fait tout le possible. Adhérez et faites adhérer maintenant à ETB.

Merci pour votre  générosité et votre dynamisme pour diffuser autour de vous.

Wladimir Tchertkoff 

 

PS : adresser vos dons ou adhésion à « Enfants de Tchernobyl Bélarus », 65 Quai Mayaud, 49400 Saumur. Site web : http://enfants-tchernobyl-belarus.org /

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 00:46

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40 ans mais plus toutes ses dents

Publié le 31 mai 2008
 (N'oubliez pas le post-scriptum)

L'autre jour, assemblée générale d'une association de journalistes dont je
suis membre, les Journalistes pour la nature et l'écologie (JNE). Pour
l'essentiel, j'y ai fait le pitre avec l'un de mes compères, Marc Giraud,
auteur de plusieurs livres très plaisants, dont Le Kama-Sutra des demoiselles
et Calme plat chez les soles (les deux chez Robert Laffont). Ce sont des livres
qui racontent des histoires étonnantes sur la sexualité des bêtes. Eh oui,
quoi.

À un moment de l'assemblée, j'ai entrepris Thierry Jaccaud, lui aussi JNE et
par ailleurs rédacteur-en-chef de la revue L'Écologiste. Sur quel sujet ?
Celui-là même que je vais vous exposer. En un mot, le mouvement écologiste et
de protection de la nature, en France, est dans une situation de faillite.

De quand date ce mouvement ? De 1969. Avant cette date, le discours sur la
nature et sa protection était la propriété privée des vieilles barbes et des
sociétés savantes. Depuis la fin du 19ème siècle jusqu'à l'après 68 en effet, il
y a eu monopole. Seuls les scientifiques, les naturalistes - et quelques poètes
déjà chevelus - ont pu, ont su évoquer le sort de la planète et de ses
équilibres naturels. Il n'y a pas l'ombre d'un reproche. Le reste de la
société était occupé ailleurs.

Survient mai 1968. Survient du coup une génération en rupture avec ses aînés.
L'écologie, très présente dans la culture underground des États-Unis tout au
long des années soixante, devient chez nous une force intellectuelle et
bientôt sociale. Cette même année 1968 se crée la Fédération française des
sociétés de protection de la nature (FFSPN), qui deviendra en 1990 France
Nature Environnement (FNE). Les professeurs y font toujours la loi, mais cela
ne va pas durer.

Cela ne dure pas, car le réel se manifeste enfin. Décrété en 1963, notre
premier parc national, celui de la Vanoise, est menacé en 1969 d'une
amputation sauvage, pour faire plaisir aux promoteurs d'une station de ski.
Tel est le point de départ, le point zéro. Des centaines de milliers de
personnes signent une pétition portée par une partie notable du tout jeune
mouvement de mai. Et les bagarreurs gagnent, contre l'État.

Le combat pour la Vanoise dope toute une série de grandes associations
régionales, à commencer par la Frapna, mais aussi Bretagne Vivante (alors
Sepnb) ou Alsace nature. À cette époque, la plupart des militants sont de
jeunes enthousiastes, antinucléaires et, osons le gros mot, anticapitalistes.
Presque tous, au fil des ans, feront le choix de la longue marche dans les
institutions.

Je ne juge pas, je vous le jure. Confrontées à une menace qu'elles analysaient
mal, les associations ont tout misé sur la concertation, la discussion et le
rapprochement, dût-il parfois être difficile. Ils ont cru de bonne foi que la
France était le cadre nécessaire et suffisant, que la création du ministère de
l'Environnement en 1971 était une bonne nouvelle, que leurs partenaires locaux
finiraient par jouer le jeu dès lors qu'ils auraient suffisamment été informés.
Mais ils se sont lourdement trompés.

Pendant des décennies, et jusqu'à aujourd'hui, des milliers, des dizaines de
milliers de bénévoles ont investi les structures officielles les plus abstruses
: les commissions départementales d'hygiène, des sites, des déchets, des
carrières, que sais-je ? Ils se sont engloutis, la machine les a intégralement
digérés. Parallèlement, par un processus inévitable, et qui ne met pas en
cause les personnes, les associations se sont institutionnalisées. Elles ont
réclamé des subsides publics, les ont obtenus, et se sont progressivement
enchaînées elles-mêmes.

Aujourd'hui, FNE fédère officiellement 3 000 associations locales, thématiques
ou régionales. C'est un réseau impressionnant, mais le drame est qu'il ne sert
à rien. J'entends déjà les cris, y compris d'amis, et qu'on me pardonne, mais
je persiste : à rien.
Je sais la quantité d'efforts consentie, ou plutôt, je l'imagine (mal). Des
centaines de milliers de soirées ont été offertes en cadeau à la société, mais
allons de suite au résultat, cela m'évitera d'être méchant.

En 1969, par aveuglement, nul ne comprenait. L'affaire de la Vanoise est
d'ailleurs symptomatique. Le mouvement naissant croyait qu'il fallait, qu'il
suffisait d'aligner des victoires locales pour inverser le courant général. On
gagnerait dans la montagne, puis dans la plaine, puis sur la mer, etc. La
pédagogie ferait le reste. Nul ne voyait la nature des forces en présence, et
le caractère connecté, écosystémique, global des menaces sur la vie.

Ce mouvement s'est alors engagé dans une impasse totale, en traitant chaque
jour avec des acteurs inconscients, mais imposants, de la destruction du
monde. Et ces derniers ont gagné, car ils étaient la force, tandis que le
mouvement s'est enlisé, épuisé, avant de s'arrêter au bas d'une côte qu'il ne
montera jamais.

Qui oserait me dire que la situation générale est meilleure qu'en 1969 ? Qui ?
Nous sommes passés d'une situation inquiétante à un état du monde angoissant.
Tous les grands équilibres - de la planète, pas de notre minuscule pays - sont
proches d'un point de rupture qui peut nous mener au chaos général. Et FNE
continue de siéger, impavide, dans toutes les structures que l'État, son
financier principal, lui désigne. Je viens de lire une « lettre » de FNE à
notre président Sarkozy sur les biocarburants, que je juge déshonorante pour
nous tous (ici). Usant de tournures alambiquées, ce texte, qui aborde la
question de la faim de manière incidente, ne réclame même pas l'arrêt des
subventions françaises à cette industrie criminelle. Nous en sommes là ! Pas
question de mordre la main qui vous nourrit.

Bien entendu, ce bilan calamiteux ne se limite pas à FNE. Un jour peut-être,
la véritable histoire du WWF sera écrite. Et ce jour-là, la surprise sera au
programme, croyez-moi. Car cette association internationale financée par
l'industrie n'aura cessé de chercher et de trouver des accommodements avec les
pires transnationales. Par exemple en osant « vendre » à la société l'idée
d'un usage soutenable du bois tropical. Ou du soja. Ou des biocarburants.
Cette politique-là est simplement scandaleuse, et tout le monde se tait. Mais
pas moi.

Disant cela, je n'oublie pas que d'authentiques écologistes, dont certains
sont des amis, travaillent pour le WWF. Je ne les cite pas, car je ne veux pas
les mettre dans l'embarras. Et je ne souhaite pas même qu'ils quittent
l'association, car ils y font malgré tout un travail utile. Mais enfin,
regardons les choses en face : le WWF accompagne la marche à l'abîme des
sociétés humaines et du vivant.

Greenpeace ? J'ai été membre du Conseil statutaire de ce groupe pendant des
années. Ne me demandez pas ce que c'est, car je l'ignore. Pour moi, cela
signifiait participer à des réunions inutiles, une à deux fois par an. Ce qui
me reste de Greenpeace, c'est que j'y compte des proches, à commencer par ma
chère Katia Kanas, présidente actuelle en France. Et alors ? Et alors,
Greenpeace a suivi une pente redoutable, et peut-être inévitable. Les
sociologues qui étudient l'histoire des associations parlent classiquement de
deux phases. La première, dite « charismatique », est celle des fondateurs et
de l'exaltation. La suivante est celle de « l'institutionnalisation ». Nous y
sommes.

Pour ce que j'ai pu voir, Greenpeace n'est plus. Les cinglés de 1971 voguaient
à bord du Phyllis Cormack en direction de l'Alaska, pour y occuper le site des
essais nucléaires américains. Ceux d'aujourd'hui gèrent la manne du
fundraising, méthode éprouvée pour récolter du fric auprès de millions de
donateurs. Certes, et ce n'est pas rien, Greenpeace ne dépend ni de l'État ni
de l'industrie. Mais ses cadres supérieurs, souvent recrutés par petite
annonce hors du mouvement écologiste, sont des cadres supérieurs. Et
Greenpeace-France est une PME de l'écologie, tristement incapable, par
exemple, de mener la bagarre pourtant essentielle contre les biocaburants.
Dieu sait pourtant que je les y ai invités !

Toutes les tendances de cette écologie officielle, plus quelques autres que je
n'ai pas le temps de citer, se sont retrouvés à la table de Borloo et
Kosciuko-Morizet l'automne dernier. Je veux parler du Grenelle de
l'Environnement, bien sûr. À cette occasion, le mouvement a montré où il en
était, c'est-à-dire au même point qu'en 1969. C'est-à-dire bien plus bas en
réalité. Car c'est une chose de croire au Père Noël quand on est un gosse qui
découvre le monde. Et une autre quand on approche des quarante ans.

Ce mouvement aura bientôt quarante ans, en effet, et c'est le mien. Ma famille.
Je ne suis pas partisan de la table rase, qui n'est que fantasme. Mais
d'évidence, il est temps de faire un bilan. Selon moi, il est limpide : nous
avons échoué, tous, à empêcher l'emballement de la machine à détruire la vie.
Il est donc certain que les moyens utilisés ne sont pas adaptés au seul
objectif qui vaille. Je ne crois pas, en effet, qu'on puisse se contenter de
risettes de Borloo, de bises de Kosciucko et de passages à la télé. À moins
que je sois le roi des imbéciles, et que personne ne m'ait prévenu du
changement de programme ?

Nous avons échoué, soyons sérieux. Il faut le dire, il faut l'écrire, il faut
même le proclamer. Sur cette base-là, essentielle, il s'agira de reconstruire
un mouvement différent, plus fort, plus conquérant, partant avec ceux qui le
voudront à l'assaut du ciel, pour la restauration du monde vivant. Je vous
lance donc, je me lance aussi, bien sûr, un appel au sursaut. Arrêtons la
dégringolade. Ouvrons les yeux, fermons la télé, et osons dire cette évidence
que le roi écologiste est nu. Pour commencer.

PS : Exceptionnellement, je vous demande de diffuser ce qui est bel et bien un
appel à tous les réseaux de votre connaissance. Je ne prétends pas avoir
raison, mais je suis certain que nous avons besoin d'un grand débat. Et donc,
je vous en prie, faites circuler. Merci.

Publié dans Mouvement écologiste, Politique

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