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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 22:39
Samedi 20 février bal folk de la bio ce  à espace cours, Epinal
Samedi 27 février conférence débat  à 15h00 au centre socio culturel de St Nabord
Vendredi 12 mars projection conference débat : 24 ans après la catastrophe de Tchernobyl le desastre continue, comment aider les victimes à Darnieulles.
Samedi 13 mars conférence débat : Le gentilisme 19h30 à la maison polyvalente de Darnieulles.
Dimanche 14 mars promenade au void d'Escles.
Les 20 et 27 mars : ventes d'oeufs et de bons de pectine, stand info Belrad en soutien aux enfants de Tchernobyl.

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 22:35

La maison en carton, quintessence du développement durable ?

Une maison en carton passive et résistante aux conditions météorologiques : le rêve est en passe de devenir réalité. Germée dans l’esprit d’un directeur de centre d’aide par le travail, l’idée séduit nombre de professionnels. Econome en énergie, à bas coûts, cette maison en carton devrait voir le jour en août prochain. Passera-t-elle les tests destinés à sa prochaine commercialisation ? Les créateurs en sont persuadés et rêvent, à terme, de les voir fleurir un peu partout…

La maison en carton, quintessence du développement durable ?

La maison en carton n'est pour l'instant qu'un prototype mais pourrait permettre, à terme, de réaliser des économies d'énergie ainsi que sur le prix d'achat Crédit photo : © Stephen Coburn - Fotolia.com.jpg

Ne dit-on pas que les meilleures idées sont souvent les plus simples ? C’est en colmatant une fuite sous sa toiture avec des morceaux de carton agglomérés, qu’Hubert Lê, directeur d’un centre d’aide par le travail, imagine une maison en carton. L’idée peut paraître saugrenue. Et pourtant…

ET AUSSI...

Présentée aux professionnels mi-janvier, la maison en carton a d’emblée séduit. Saint-Gobin, le spécialiste mondial de l’isolation et DS Smith, spécialiste du cartonnage, sont d’ores et déjà intéressés. Outre ces deux géants, une vingtaine de clients potentiels ont manifesté leur intérêt et veulent passer commande. Mais le projet n’en est qu’à ses prémisses.

Déposé à l’INPI en octobre dernier, le projet a ensuite subi une série de tests sur des plaques de carton agglomérées au centre de ressources des industries du bois à Epinal (Vosges). Concluants, ces tests préliminaires vont permettre de construire un prototype dès mars prochain. De 100 à 120m2, ce projet-pilote nécessitera 18 tonnes de carton et sera érigé aux abords du centre d’aide par le travail de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin). Cette version grandeur nature sera soumise à des conditions dantesques : feu, vent, pluie… qui en détermineront la viabilité.

Une maison intelligente à tout point de vue

Dans les faits, la dénomination de maison en carton cache un concept technique très étudié. Il ne s’agit pas d’une maison de poupée, mais d’un assemblage de panneaux de carton ondulé, imperméabilisés et ignifugés, emprisonnés dans des ossatures de bois, ensuite dissimulés par du crépi et des tuiles. « Par grand froid, mieux vaut se couvrir de plusieurs fines couches de vêtements que d’un seul gros pull. Ici c’est pareil », explique Hubert Lê.

Cette maison combine tous les piliers du développement durable. Environnemental : le carton ondulé provient à 80 % du papier recyclé. De plus la maison possède d’excellentes qualités d’isolation et correspondra parfaitement aux prochains standards basse consommation en vigueur en 2012. Economique : les matériaux utilisés pour la construction de cette habitation sont relativement bon marché et modéreront le prix d’achat. L’un des inventeurs ne s’en cache pas, la maison en carton s’adresse d’abord aux travailleurs pauvres qui le plus souvent ont de lourds frais énergétiques. « Le but c’est de rendre cette maison accessible au plus grand nombre », ajoutent-ils en chœur. Social : les murs en carton devraient être fabriqués par des travailleurs handicapés dans des centres d’aide par le travail. Premiers tests grandeur nature attendus en août prochain…

Albane Wurtz

http://www.developpementdurable.com/insolite/2010/02/A4129/la-maison-en-carton-quintessence-du-developpement-durable.html

 

maison tetrapack : http://www.greenetvert.fr/2012/08/15/une-maison-en-tetrapak-pour-moins-de-3-000-euros/65968

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 00:15
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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 00:07












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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 00:03

Crise : l’heure de vérité se rapproche

L’effondrement des Bourses les 4 et 5 février derniers a montré que la crise entrait dans une nouvelle phase. L’automne 2008 avait vu le paroxysme de la crise financière et, dans la foulée, sa transmission à l’économie réelle. Cependant, après une chute phénoménale en 2009 du PIB américain de – 2,4% (sans véritable précédent depuis la grande crise), on avait cru pouvoir noter un redressement, vite baptisé «sortie de crise». Illusion: l’économie mondiale était en état de lévitation, touchant à peine le sol, portée à bouts de bras par un soutien public d’une extraordinaire ampleur. Laissant filer les déficits, se portant au secours des banques, mettant en œuvre des plans de soutien, les déficits publics ont atteint d’incroyables niveaux: 10 % du PIB aux Etats-Unis, 8% en France, plus de 12% au Royaume-Uni. Du coup, l’endettement public a crevé tous les plafonds, atteignant 85% du PIB aux Etats-Unis ou 76% en France.

Comme dans un match de rugby on se refile un ballon qui brûle les mains, ainsi a-t-on transformé le surendettement des ménages américains en surendettement des Etats. Quand un débiteur s’avère incapable de faire face aux échéances, il n’y a que deux façons de s’attaquer à la dette en suspens: la transférer ou l’annuler. Annuler les dettes aurait signifié entrer dans une crise financière, puis économique, de très grande ampleur; on a préféré, encore une fois, la fuite en avant, et la dette privée a été transformée en dette publique. Ainsi, le problème n’a pas été surmonté, mais seulement déguisé, et déplacé.

Le surendettement public est universel, mais il y a toujours des maillons faibles. Ceux-ci se nomment Grèce, Espagne, Portugal, Irlande. La Grèce (dont la dette publique devrait atteindre les 125% du PIB en 2010) a été placée de fait sous tutelle de la Commission européenne. Mais les autres pays ne sont pas en reste et les pourcentages correspondants prévus pour 2010 s’élèvent à 85% pour le Portugal, 83% pour l’Irlande (44% en 2008), 66% pour l’Espagne (40% en 2008).

Il était évident dès le départ que cette situation ne pouvait pas durer. Le privé (consommation des ménages, investissement des entreprises) devait prendre la relève du public, permettant à celui-ci de se retirer. Le grand problème est que le privé n’a toujours pas embrayé sur le public, et le grand changement est que commence à prévaloir dans l’establishment la crainte qu’il en soit encore ainsi pour de longs mois.

L’idée qu’en somme la crise est loin d’être terminée, et que nous ne sommes pas dans un schéma en V, ni même en W, mais sans doute plutôt en L. Or, les plans de redressement des finances publiques qui ont été présentés jusqu’ici sont tous basés sur l’hypothèse d’un redressement vigoureux de l’économie, qui permettrait de réduire les déficits plus par l’accroissement rapide des recettes fiscales que par la réduction drastique des dépenses publiques.

Si le redressement attendu n’est pas au rendez-vous, exit l’hypothèse d’une montée rapide des recettes fiscales et les gouvernements des pays qui sont dans le collimateur des investisseurs sont placés devant un dilemme redoutable. Soit ils poursuivent le soutien à l’économie, évitent son effondrement, mais entrent dans une spirale autoentretenue dont on ne voit pas la fin, car ils aggravent leurs déficits de telle sorte que ceux-ci sont de plus en plus coûteux à couvrir. Soit ils abandonnent le soutien à l’économie, retirant l’échafaudage public, mais ils risquent alors de précipiter l’économie dans les profondeurs, sans avoir pour autant la garantie d’une réduction du déficit public.

Ces pays sont tous membres de l’Union européenne, et on peut penser qu’ils auraient droit à un soutien de l’Union en tant que telle ou de certaines de ses composantes. Mais si les principales puissances économiques européennes décident d’aider ceux qui se débattent avec de l’eau jusqu’au cou, elles risquent d’être entraînées et de couler à leur tour, et ce d’autant plus qu’elles sont elles-mêmes très endettées. Si ces puissances ne le font pas et que les pays les plus directement menacés font défaut sur leur dette, elles savent que la crise sera relancée de façon spectaculaire et qu’elles sont les suivantes sur la liste.

«Les marchés» ne pensent pas, ne parlent pas, ils envoient des signaux, mais ceux-ci sont, en l’occurrence, assez clairs. «Les investisseurs» sont manifestement de plus en plus convaincus que les pays menacés ne pourront plus soutenir leurs économies très longtemps. Il faudra alors sortir de la situation «par le bas», c’est-à-dire rechercher le redressement des finances publiques surtout par la réduction des dépenses.

Inutile de se faire des illusions: après avoir volé, à fonds perdus, au secours des capitalistes, c’est aux travailleurs que ces gouvernements demanderont de faire des sacrifices, par augmentation des impôts ou destruction des services publics. L’effondrement des marchés qui vient d’avoir lieu peut alors facilement être interprété comme un sévère coup de semonce, un appel aux gouvernements sur la sellette de se mettre dans les plus brefs délais à l’ouvrage, de montrer qu’ils sont capables de s’attaquer à la masse de la population pour sauver une infime minorité. Aux travailleurs d’organiser la résistance, car cette crise est celle du capital, il n’est pas question d’en payer les pots cassés.
Isaac Johsua

Isaac Johsua est économiste, membre du Conseil scientifique d’Attac.
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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 01:01

CODE DE L'ENVIRONNEMENT
(Partie Législative)

Article L110-2

Les lois et règlements organisent le droit de chacun à un environnement sain et contribuent à assurer un équilibre harmonieux entre les zones urbaines et les zones rurales.
Il est du devoir de chacun de veiller à la sauvegarde et de contribuer à la protection de l'environnement.
Les personnes publiques et privées doivent, dans toutes leurs activités, se conformer aux mêmes exigences.

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 20:10
Ils sont venus, ils sont tous là, pour une belle photo de famille. Quelle famille que celle du capitalisme triomphant qui transmute le carbone en euros et en dollars ! Vive la pollution, vive la couche d’ozone, vive le réchauffement climatique et vive ceux qui, pour en faire commerce, bénéficient de l’ensemble des médias planétaires. Il fallait faire peur aux pauvres et aux moins pauvres. C’est fait. Avec les même images de la banquise qui s’écroule et de ce bel ours blanc qui dérive sur un morceau de glace. Bravo ! Joli scénario. La Terre se meurt et l’homme — c’est a dire, vous et moi , mais sûrement pas les multinationales — en est le seul responsable !

Coupable !

Vous n’aviez qu’à éteindre la lumière du couloir avant de partir ! Vous n’aviez qu’à ne pas laisser votre téléviseur ou votre ordinateur en veille le soir ! Vous n’aviez qu’a acheter des ampoules basse consommation ! Vous n’aviez qu’à recycler vos déchets ! Vous n’aviez qu’à rouler à vélo ! Vous n’aviez qu’a prendre le train — même s’il a été supprimé car il n’était pas rentable ! Vous n’aviez qu’a vous chauffer à l’électricité nucléaire fournie par un prestataire privé, de préférence ! Vous n’aviez qu’à ne pas manger autant de viande de bovins dont les flatulences ignobles percent la couche d’ozone ! Vous n’aviez qu’à ne pas acheter cette belle salle à manger dont le bois, à coup sûr, provient de la déforestation de la forêt primaire ! Vous auriez dû faire l’impasse sur votre pot de yaourt qui fait en moyenne 7 600 kilomètres pour venir échouer dans votre assiette !

Non, mais, puisqu’on vous le dit ! Vous n’êtes pas raisonnables du tout, vous les humains ! Même Sarkozy vous le dit ! Vous n’êtes pas du tout, du tout, responsables. A la limite du laxisme même ! C’est à cause de vous que les océans vont monter de plusieurs mètres, envahissant, de ce fait, des pans entiers de votre beau pays en noyant femmes, enfants, vieillards et chômeurs ou autres crève la faim ! Oui. Vous l’avez bien entendu, c’est à cause de vous ! Même Cohn Bendit vous l’a dit, et vous avez été nombreux à voter pour lui ! Et Nicolas Hulot, il vous le dit aussi en vous fourguant ses déodorants et autres produits dérivés ! Même Greenpeace vous le dit dans ses campagnes médiatiques : vous êtes responsables... Vous polluez trop... Coupable ! Coupable ! Oui, coupable, même vous le chômeur aux fins et aux débuts de mois difficiles, même vous qui dormez dans la rue ! Tout est de votre faute ! Tout !

Vive la décroissance !

Et pourtant... Et pourtant, personne ne vous le dit, mais... nous allons vous faire une confidence : tout ce qui arrive à notre pauvre planète, alors bien sur, vous êtes un peu responsable, parce qu’on vous a conditionné, mais le problème, il est ailleurs ! Il est dans la consommation et la croissance !
Hé oui, tout ce qui arrive mais dont personne n’a parlé à Copenhague et pour cause, c’est la faute du flouze, de l’oseille, de l’artiche.. Du fric quoi !

C’est pour cela que Le CITOYEN soutient la décroissance ! Car c’est le seul moyen de sauver la planète. Consommer moins, beaucoup moins.
Aller à l’essentiel en banissant le superflu.

Et si la croissance s’arrête, imaginez ce qui va se passer ! Plus de CAC 40, plus de boursicoteurs qui s’en mettent plein les fouilles, plus de fonds de pension, plus de dividendes à deux chiffres, plus de banquiers qui jouent au Monopoly avec votre argent. Et peut être, plus de délocalisation, le coût de la vie qui diminue, les légumes et le pain au juste prix. Il n’y aura plus aucun intérêt de privatiser le service public. Imaginez ce monde là ! Il est souhaitable, possible si nous décidons de moins consommer ou de consommer plus intelligemment. Et si nous relocalisons l’industrie, l’agriculture... Si le pot de yaourt ne faisait plus que 20 km pour venir dans votre assiette au lieu des 7 600 d’aujourd’hui ! Imaginez, imaginez !

Quand le Dieu de la finance change le carbone en dollars et en euros

Ce n’est ni a Kyoto, ni à Copenhague que les problèmes climatiques et celui, plus crucial encore, de la survie de l’espèce humaine vont trouver une solution à la hauteur des enjeux. Non. Dans ces sommets là, on parle pognon et l’on imagine la meilleure solution de faire du fric avec l’écologie et la peur du lendemain. On appelle cette façon de faire, le capitalisme vert et les écotartufes qui gravitent autour, les All Gorre, Hulot, Arthus Bertrand ne sont que des marionnettes agitées par les grands de ce monde pour effrayer le bon peuple et le culpabiliser afin qu’il accepte les solution que le capitalisme propose. Ces solutions, vous les connaissez : payez ! Payez encore et toujours. Taxe carbone, TIPP, etc. L’imagination est au pouvoir quand il s’agit de plumer le consommateur, le contribuable et les pauvres en général.

Elle l’est tout autant quand il s’agit de faire des cadeaux somptueux à ceux qui polluent le plus ou qui font le plus de bénéfices.

Le coupable de tous nos maux porte le nom de capitalisme, c’est lui qu’il faut combattre et éradiquer et non pas l’homme. Plaçons l’être humain au centre de toutes les préoccupations et nous sauverons la terre et l’humanité.

 

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4348

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 12:54

Bastamag - 29 janvier 2010 - Propos recueillis par Agnès Rousseaux
 
"Avec les nanotechnologies, nous entrons dans une société de contrainte, totalitaire"
 
Le développement des nanotechnologies amènera-t-il une société de surveillance totale, où le comportement de chaque être humain sera épié et analysé en permanence ? Allons-nous vers une tyrannie technologique, où l’homme-machine sera prisonnier de la société-fourmilière ? Des réflexions portées par le collectif grenoblois Pièces et main d’œuvre, qui fait partie des plus anciens et des plus farouches opposants aux nanotechnologies. Rencontre avec ces militants, critiques du « système technicien », qui ont bien voulu répondre, par écrit, à nos questions.
 
Basta ! : Le gouvernement a lancé depuis octobre un débat national sur les nanotechnologies, piloté par la Commission nationale du débat public. Pourquoi qualifiez-vous cette initiative de « débat pipeau » et de « campagne d’acceptabilité » ?
Pièces et main d’œuvre : La Commission nationale du débat public a été mandatée par le gouvernement pour une série de pseudo-débats sur les nanotechnologies, dix ans après la décision d’investir massivement dans ce domaine, trois ans après l’inauguration de Minatec, le « premier pôle européen de micro et nanotechnologies » à Grenoble, et alors même que le « Plan de relance » et le « grand emprunt » de Sarkozy font des nanos leur priorité. Il ne s’agit pas de permettre à la population des choix politiques, mais de les lui faire avaliser, après coup. Les décideurs redoutent ce qu’ils nomment le « syndrome OGM » – une révolte d’opinion contre les nouvelles technologies – et usent de procédures d’acceptabilité mises au point par des sociologues selon lesquels « faire participer, c’est faire accepter ».
 
« Nanotechnologies = maxi-servitude » peut-on lire sur les banderoles des opposants à ce débat public. En quoi ces technologies sont-elles selon vous un outil d’asservissement des êtres humains ?
Par l’informatisation et la numérisation totales de la planète et de nos vies, les nanotechnologies nous font basculer dans un monde entièrement piloté par la machine, et nous transforment en rouages de cette machine, au même titre que les marchandises, les infrastructures, l’environnement, etc. Représentez-vous un filet électronique aux mailles ultra-fines, composé de quantités d’outils miniaturisés (objets communicants disséminés partout, puces à radiofréquence, capteurs de toutes sortes, caméras « intelligentes » à reconnaissance faciale ou de détection de comportements « atypiques », lecteurs biométriques, GPS, oculomètres pour suivre le regard, scanners corporels, etc), collectant en permanence des milliards de données sur nos comportements, nos habitudes, nos déplacements, nos relations, nos idées.
Au-delà de la surveillance totale qu’implique une telle collecte de données personnelles, la servitude technologique réside dans cette connexion permanente à tout et à tous, et à la dépendance envers le système technicien et industriel pour la moindre activité, dans les gestes jusqu’ici réalisés de façon autonome – depuis les courses pour la maison jusqu’au soin des enfants ou des personnes âgées.
Pire, ces immenses quantités d’informations alimentent les statistiques à très grande échelle, qui permettent de réguler le moindre aspect de nos vies et de nos rapports humains, de lisser les flux, de supprimer tout obstacle au fonctionnement global de la société-fourmilière. C’est la fin de l’imprévu, de l’impromptu, des frictions qui sont la vie. Le groupe IBM, avec son projet de « planète intelligente », annonce que ses systèmes permettront bientôt d’anticiper les délits, par exemple.
 
Un de vos textes [1] évoque l’avènement d’une « société de contrainte » : « L’accélération technologique est l’autre nom de l’expansion totalitaire. La société de contrôle, nous l’avons dépassée ; la société de surveillance, nous y sommes ; la société de contrainte, nous y entrons. » Comment les nanotechnologies contribuent-elles à cette « société de contrainte » ?
Les dispositifs décrits ci-dessus, dont beaucoup sont déjà opérationnels, constituent l’outillage de la société de surveillance. Parallèlement à cette gestion de masse des populations, les nanotechnologies permettent l’intervention précise sur chaque individu. La convergence entre les nanos, les biotechnologies, l’informatique, les sciences cognitives rend possible l’alliage du vivant et de l’inerte, et la création d’implants électroniques pour le corps. A Clinatec, clinique expérimentale du cerveau créée par le Commissariat à l’énergie atomique et Minatec à Grenoble, on nous promet « des nanos dans le cerveau ». Les neuro-technologues conçoivent des implants neuronaux destinés à réduire les effets de la maladie de Parkinson, mais aussi à modifier le comportement de personnes qui présentent des troubles obsessionnels compulsifs (TOC), des troubles de l’alimentation (anorexie, boulimie) ou des dépressions.
Les nanotechnologies mettent à notre disposition des moyens de réguler nos humeurs (finis les suicides au travail), nos comportements, nos sensations. Bref, d’intervenir dans notre for intérieur, plus finement que les méthodes biochimiques ou que les trois heures et demi de télévision quotidiennes.
 
Ne pensez-vous pas que les nanotechnologies puissent avoir une utilité sociale, comme les applications médiales qui permettraient de cibler les cellules à soigner, ou les projets de stockage du CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique ?
Les chercheurs utilisent la santé et l’écologie pour promouvoir les nouvelles technologies. Lutter contre le cancer, d’un point de vue rationnel, exigerait de s’attaquer aux causes d’une épidémie qui s’accélère dans les sociétés industrielles : pollution de l’air, de l’eau, des sols, addition et mélange des toxiques chimiques, nucléaires, électromagnétiques, etc. Au contraire, les laboratoires se ruent sur l’innovation pour réparer les dégâts des précédentes innovations. Les nanotechnologies promettent en même temps de soigner les tumeurs cancéreuses, et d’en produire de nouvelles, via la dissémination des nanoparticules toxiques dans l’environnement. Ainsi est-on assurés d’un nouveau cycle du cancer profitable à la croissance.
Ce qui vaut pour la santé vaut pour la crise écologique. L’investissement dans les « technologies vertes » ou « écotechnologies » – le nucléaire, les biotechnologies et les nanotechnologies – n’a pas pour objet de supprimer les causes de cet effondrement, mais vise à donner au système industriel et capitaliste un nouvel essor. Il s’agit de continuer comme avant.
 
Êtes-vous opposés à la recherche fondamentale dans le domaine des nanosciences, ou seulement aux applications industrielles des nanotechnologies ?
Depuis le projet Manhattan (la bombe atomique américaine) et l’avènement de la Big Science, l’organisation de la recherche ne permet plus de distinguer entre « recherche fondamentale » et « recherche appliquée ». La différence entre les deux se mesure en unité de temps : quelques années séparent désormais le « fondamental » des applications, et chacun sait que les laboratoires sont soumis à la loi de la rentabilité des investissements : pas de financements (publics ou privés) sans perspectives de débouchés industriels.
Ce que l’on nommait il y a quelques années le « transfert de technologie » (du laboratoire vers l’industrie) est dépassé. Désormais nous vivons sous le règne de « l’innovation », qui, en langage technocratique, désigne l’association entre les chercheurs et les industriels dès le stade de la « recherche & développement », pour aboutir rapidement à de nouveaux produits destinés à alimenter la consommation et la croissance. Ce processus est au cœur du développement des nanotechnologies, comme en témoigne l’exemple de Minatec à Grenoble. Il est illusoire de distinguer « recherche fondamentale » et applications.
 
Pourquoi selon vous un tel engouement des chercheurs et des pouvoirs publics pour les nanotechnologies ?
Un responsable de l’Afnor, par ailleurs conseiller scientifique d’Arkema, a répondu lors du pseudo-débat de la CNDP [Commission nationale du débat public], à Lyon le 14 janvier dernier : « Mais si l’on ne fait pas les nanotechnologies, il n’y aura plus de technologies du tout ! » On en est là, d’après l’un des membres de cette techno-caste qui nous a conduits au désastre. 250 ans d’expansion industrielle ont à peu près épuisé les minerais fossiles. Les nanotechnologies se présentent comme la possibilité de faire toujours plus (de marchandises, de services), avec toujours moins (de matière et d’énergie). Du point de vue de l’expansionnisme industriel il n’y a pas de choix : c’est marche ou crève. Ensuite les rivalités entre nomenklatura économiques et le mimétisme fouettent l’emballement technocratique. Les chercheurs ont vite appris à ajouter le suffixe "nano" à leurs projets de recherche pour décrocher contrats, crédits et financements.
 
Vous écrivez que via l’industrie, le « pouvoir de transformation matérielle s’est mué en pouvoir tout court, économique, militaire, politique, faisant de chacun de ces domaines, un secteur de la technique ; de leur ensemble, le « système technicien » [2]. Comment analysez-vous cette transformation ?
D’un pur point de vue technique, et toutes choses égales par ailleurs, il n’existe jamais qu’une seule meilleure solution. La technique est par excellence le domaine de l’efficacité et de la rationalité séparée. Mais à partir du moment où dans chaque secteur d’activité prévaut le critère technique et ses valeurs associées, la politique, l’économie, la guerre se transforment d’abord et quasi-exclusivement en techniques de la politique, de l’économie, de la guerre, etc. Ils sont tous réordonnés et réunifiés sous l’angle et le primat de la technique dont ils ne deviennent plus que des parties interdépendantes, subordonnées et intégrées. L’industrie multiplie quantitativement les forces du système technicien, lui donnant une puissance écrasante face à l’individu isolé et pis encore pour le dissident.
 
Le développement des nanotechnologies s’inscrit-il dans la lignée de ces utopies post-humaines, où la technique, les machines et robots remplaceraient ou amélioreraient l’Homme ? Que pensez-vous de l’utopie d’un « l’homme augmenté », capable de dépasser ses limites ?
Il y a deux écoles. Les « transhumanistes » et les « post-humanistes » décomplexés comme on dit, partisans de l’eugénisme technologique, et puis les humbles serviteurs d’une science ennuyeuse et triviale, vouée à augmenter les cadences de calcul des ordinateurs, à produire des textiles « intelligents », etc. Les premiers servent de repoussoirs aux seconds qui peuvent ainsi se poser en « juste milieu » entre « technophiles » et « technophobes ». Mais le discours « post-humaniste » gagne les scientifiques français, trahissant ainsi cette fausse symétrie. Comme le dit l’un de leurs porte-paroles : « Après tout, qu’avez-vous contre l’Homme augmenté ? »
Il y aurait trop d’objections à soulever, parmi lesquelles on se bornera à celles-ci. A supposer qu’elle soit souhaitable, les hommes ne seront pas plus égaux devant cette « augmentation » qu’ils ne le furent devant quelque avantage que ce soit. Contrairement à ce que s’imaginaient Tocqueville et Marx, la technologie accroît l’inégalité des conditions entre les sociétés, les classes et les individus. Celle-ci servira aussi à la production de l’homme diminué, proche de l’ilote mécanique et adapté aux nouvelles conditions de la vie sur Terre. Mais la plupart croiront toujours faire partie des vainqueurs, de « l’humanité augmentée » et malheurs aux vaincus, l’humanité diminuée. La technologie est la continuation de la politique par d’autres moyens, et c’est donc de politique que nous devons parler avant toute poursuite de la fuite en avant technologique.
 
Quelle devrait être selon vous l’attitude des pouvoirs publics, des chercheurs, des industriels face aux nanotechnologies ?
Selon les « experts », il faut comparer le déferlement des nanotechnologies à un tsunami. On ne contrôle ni n’encadre un tsunami. Choisir les nanotechnologies, c’est décider la bascule dans un monde radicalement différent – le nanomonde – dont il paraît dérisoire de gérer à la marge telle ou telle nuisance. Si l’on refuse de livrer sa vie entière à la machine, d’être dépossédé de ses facultés, de son autonomie, de sa liberté, au profit du pilotage technologique de l’hyper-système global, il faut refuser les nanotechnologies.
 
Pensez-vous que votre mode d’action, notamment la perturbation actuelle du débat public, soit efficace ?
Nous menons une bataille d’idées. Notre activité principale depuis près de dix ans est l’enquête critique : nous avons publié des dizaines de textes et cinq livres (aux Éditions l’Echappée), nous participons à de nombreuses réunions publiques, et nous avons lancé la contestation des nanotechnologies dès 2003. Avec d’autres, nous avons organisé la première manifestation au monde contre les nanos, le 1er juin 2006, à l’occasion de l’inauguration de Minatec.
L’opération de communication du gouvernement, via les pseudo-débats de la CNDP, est une tentative pour étouffer cette contestation. Nous avons appelé au boycott et au sabotage de cette manipulation qui vise à faire croire à la population qu’elle à son mot à dire dans les plans étatico-industriels. Grâce à sa caravane publicitaire dans 17 villes de France, à son budget de plus de deux millions d’euros, au travail des deux agences de communication recrutées pour l’assister, la CNDP a élargi la contestation des nanotechnologies à une plus large part de la population, et à une critique plus générale de la tyrannie technologique. Certes elle ne l’a pas fait exprès, mais c’est bien tout ce qu’on peut dire en sa faveur.
 

 

Voir le site de Pièces et main d’œuvre

Notes
[1] Thèses pour le temps présent, préface de « Terreur & Possession », l’enquête de Pièces et Main d’œuvre sur la police des populations à l’ère technologique, Editions L’Echappée, Montreuil, 2008, 334 pages, 14 euros.
[2] selon le terme employé par Jacques Ellul

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 00:25
http://www.lepost.fr/article/2009/10/21/1752545_niger-uranium-ou-democratie.html
Alors que le Président du Niger, Mamadou Tandja, vient de finir son bidouillage constitutionnel en vue de se donner la possibilité d'être président à vie de ce grand pays de l'Afrique de l'ouest, tous les regards des opposants sont tournés vers la France qui entretient des relations particulièrement fortes avec le pouvoir local.

Il faut dire que le Niger n'est pas un pays comme les autres. Il abrite l'une des plus importantes mines d'uranium au monde, le gisement d'Imouraren. Areva y a signé un accord stratégique pour l'extraction du minerais et les chinois sont aux abois.

En mars dernier, le Président Tandja donnait une conférence de presse à l'occasion de la visite éclair de Nicolas Sarkozy dans le pays. Il déclairait :

"Notre constitution, que je respecte grandement ; j’ai grandi dans des règlements militaires, j’ai connu les lois et règlements de mon pays en tant que soldat, je suis venu à la politique, j’ai connu ce qu’est la constitution et j’ai aimé la démocratie. Dieu faisant bien les choses, me voilà un matin devenu Président de la République avec un droit de deux mandats que la Constitution me permet. Voilà que je termine mes deux mandats. Grandir, pour moi, est de partir la tête haute. Quand la table est desservie, il faut partir. Ne pas chercher à radoter autour, pour chercher un autre mandat. Je suis très clair là-dessus. Je n’ai jamais demandé à aucun Nigérien, un instant : est-ce qu’on peut ceci, on peut cela, où on va ? Jamais. Et je ne le ferai jamais, demander quoi que ce soit pour qui m’amène à changer la constitution nigérienne ou alors à chercher des modifications dans notre constitution."

Six mois nous séparent de cette promesse pourtant sans équivoque et le Président Sarkozy était présent. Il sera certainement intéressant de voir l'ampleur de l'indignation française.

On pourra ainsi mesurer qui de la démocratie et de parole donnée ou de l'uranium représente une priorité pour Nicolas Sarkozy.  

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 01:31

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