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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 22:14
Voici la lettre que nous avons envoyé aux maires des 240 communes susceptibles d'avoir été contactées par l'andra pour accueillir un centre de stockage de déchets radioactifs.
Liste des cantons concernés: Neuchâteau, Chatenois, Bulgnéville,Darney, Vittel, Mirecourt, Lamarche, Charmes, Bains les Bains, Dompaire, Chatel/Moselle.
Vous pouvez aussi faire cette démarche vous même en personnalisant cette lettre. 

Groupe Vosges Antinucléaire

7 rue du Général Leclerc

88190 GOLBEY

03.29.66.51.62

vosgesan@gmail.com

 

 

 

Golbey, le 19 juillet 2008.

 

 

 

M/Mme le Maire de

 

Bonjour,

 

C’est en tant qu'association de défense de l'environnement antinucléaire, soucieuse de la santé de nos concitoyens et de l’avenir de notre territoire, que nous vous contactons aujourd’hui.

 

Le 5 juin 2008, le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire (MEEDDAT) a lancé un appel à candidatures auprès de 3115 communes dans 20 départements « afin d’identifier des sites susceptibles d’accueillir un centre de stockage de déchets radioactifs de faible activité à vie longue (FA-VL). » Le MEEDDAT a mandaté l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) pour rechercher le site censé permettre de se débarrasser de ces déchets en les enfouissant.

 

La carte des « zones présentant une géologie potentiellement favorable » à l’accueil d’un tel centre nous donne à penser que votre commune pourrait bien être au nombre des 3115 communes démarchées par l’ANDRA depuis le début du mois de juin. Nous tenons à vous faire connaître notre opposition catégorique à l’implantation d’un tel site sur le territoire de la commune.

 

Les « Orientations générales de sûreté », publiées le 5 mai 2008 dans le cadre de ce projet par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), précisent qu’il faut « quelques dizaines de milliers d’années » pour que la radioactivité de ces déchets atteigne « un niveau résiduel tel que les expositions de l’homme et de l’environnement ne soient pas inacceptables » (p.4). L’ANDRA indique que le stockage doit se faire « dans une zone géologiquement stable sur une période au moins égale à 10 000 ans ». Parmi les déchets concernés, l’ASN cite pourtant explicitement l’uranium 238 (p.4), dont on sait qu’il lui faut 4,5 milliards d’années pour ne perdre que la moitié de sa radioactivité ! Alors, 10 000, 50 000 ans… voire beaucoup plus ? Le flou règne…

 

Léopold Viguié, conseiller général de Caylus (Tarn-et-Garonne), résume bien ce qu’implique la démarche de l’ANDRA : « Il faut croire que l'on voit notre territoire comme une zone déshéritée dont il pourrait être fait une réserve. Déjà en perte de vitesse, ce serait la fin du tourisme, la désertification... Le canton serait rayé de la carte. On nous dira qu'il n'y a aucun risque et que cela créera des emplois, mais ce serait une catastrophe. » (La Dépêche du Midi, 16 juin 2008)

 

De nombreux autres élus se sont déjà exprimés sur ce projet. Gérard Miquel, président du conseil général du Lot, s’insurge : « Nous ne laisserons pas une installation de ce type gâcher les principaux atouts de notre département. » (La Dépêche du Midi - 14 juin 2008). Gilbert Vallot, maire de Briaucourt (Haute-Marne), affirme ne pas vouloir prendre de décision sans avoir au préalable consulté les habitants de sa commune : « Ce sont les premiers concernés, je ne veux pas engager l’avenir de la population sans la consulter » et s’interroge : « Qui mesurera les radiations ? […] On peut berner un maire comme on veut et le reste de la population également. » (Journal de la Haute Marne, 17 juin 2008).

 

Suite à ces observations, nous vous remercions de bien vouloir répondre à nos quelques interrogations :

  • Votre commune a-t-elle été démarchée dans le cadre de ce projet, et par quelle(s) institution(s) ?

  • Quelle réponse avez-vous faite ? Quelle réponse ferez-vous à d’éventuelles démarches à venir ?

  • Envisagez-vous de consulter et d’impliquer la population de la commune dans la décision avant toute réponse, et dans ce cas par quelles modalités ?

 

Dans un souci que la consultation lancée par l’ANDRA soit effectivement menée « de manière exemplaire et transparente » comme le recommande le MEEDDAT, je vous invite à réclamer que la liste des 3115 communes démarchées soit rendue publique, en téléphonant au numéro vert mis en place par l’ANDRA pour l’information des élus : 0 800 000 150.

 

Nous vous remercions par avance de vos réponses et démarches, et vous prions d’accepter nos sincères salutations.

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Published by Stéphane
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