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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 20:58
La radiothérapie, un compromis fragile entre efficacité et risques
 

PARIS (AFP) - 07/09/2007 17h19



Salle de radiothérapie du centre régional de lutte contre le cancer François Baclesse à Caen, le 27 mars 2003

 


La radiothérapie, qui concerne deux patients sur trois atteints d'un cancer, repose sur un compromis entre souci d'efficacité contre les cellules cancéreuses et nécessité de respecter les tissus sains, expliquent des spécialistes.

 

"Lorsque la tumeur nécessite une forte dose, et est très proche de tissus sains qui ne supportent pas la même dose, on a un conflit et un risque de complications", déclare Françoise Mornex, secrétaire générale de la Société française de radiothérapie oncologique (SFRO). Des risques normalement maîtrisés.

 

Comme d'autres spécialistes interrogés par l'AFP, le Pr Mornex insiste sur le fait que la radiothérapie reste, malgré les problèmes identifiés récemment, notamment à Epinal, "un traitement totalement justifié pour certains cancers".

 

"La radiothérapie constitue au côté de la chirurgie et de la chimiothérapie un des trois piliers essentiels du traitement des cancers", martèle le professeur Claude Maylin, du service de cancérologie-radiothérapie de l'hôpital Saint-Louis (AP-HP) à Paris.

 

Chaque année en France, 180.000 patients, sur les 280.000 personnes qui développent un cancer, sont traités par radiothérapie (associée ou non à la chirurgie et/ou à une chimiothérapie). Au regard de ce nombre, souligne Jean-Luc Godet, de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), cela reste "une activité qui a des bénéfices pour les patients".

 

"La radiothérapie, comme la chirurgie et la chimiothérapie sont des activités à risque", déclare M. Godet, soulignant que l'ASN, avec son système de déclaration obligatoire d'événement, "braque le projecteur sur cette activité alors qu'il n'y a pas les mêmes contraintes dans les autres disciplines".

 

Les spécialistes s'accordent pour constater que, grâce au développement de nouvelles technologies, plus performantes mais aussi plus complexes, la radiothérapie est aujourd'hui beaucoup plus précise qu'il y a 10 ans, avec l'objectif de cibler la tumeur au plus près pour permettre l'utilisation de doses plus élevées. Du coup, "on est un peu sur le fil du rasoir", relève M. Godet, "à la moindre erreur cela peut être catastrophique".

 

"Il faut rester dans une dose raisonnable, toujours avoir dans la mesure du possible une marge de sécurité et puis assurer la qualité du traitement en vérifiant au quotidien", souligne le Pr Mornex. "On a des moyens énormes", dit-elle, mais le corps humain impose ses limites.

 

Actuellement, les doses s'étalent de 30 grays environ pour guérir un séminome (type de cancer) du testicule à 70-75 grays pour certains cancers ORL, cancers de la prostate et cancers du poumon. "Des doses insuffisantes pour vaincre un certain nombre de cancers, d'où notre désir d'augmenter la dose au-delà de ces limites dans le cadre de la recherche clinique", indique-t-elle.

 

La radiothérapie en 3 dimensions permet en outre de cibler -et donc de réduire- l'irradiation, comme pour une "frappe chirurgicale", afin de ne rien irradier d'autre que les cellules cancéreuses.

 

"50% des cancers sont guéris avec le concours de la radiothérapie. Le prix à payer, c'est qu'une partie de la population soignée fait des complications", remarque le Pr Patrick Gourmelon, de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Mais "un taux trop élevé de complications n'est pas acceptable", ajoute-t-il, préconisant un renforcement du nombre de physiciens pour contrôler des "machines de plus en plus complexes" et "un suivi au long cours des patients".

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Published by Stéphane
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